mardi 8 mars 2011

samedi 29 janvier 2011

mardi 8 juin 2010

Le va-et-vient du manque



"Et je veux jouer à cache-cache et te donner mes vêtements et te dire que j'aime bien tes chaussures et m'asseoir sur les marches pendant que tu prends ton bain et te masser le cou et t'embrasser les pieds et te tenir la main et sortir dîner sans m'énerver quand tu manges dans mon assiette et te retrouver au Rudy's et te parler de la journée et taper ton courrier et te porter tes affaires et rire de ta paranoïa et te donner des cassettes que tu n'écoutes pas et regarder des films épatants et regarder des films nuls et me plaindre de la radio et prendre des photos de toi quand tu dors et me lever pour aller te chercher du café et des bagels et des feuilletés et aller au Florent boire un café à minuit et te laisser me voler mes cigarettes sans jamais être fichue de trouver une allumette et te parler du programme que j'ai vu la veille à la télé et t'emmener à la clinique des yeux et ne pas rire à tes blagues et avoir envie de toi le matin mais te laisser dormir et t'embrasser le dos et te caresser la peau et te dire comme j'aime tes cheveux tes yeux tes lèvres ton cou tes seins ton cul ton






4.48 Psychosis




et fumer assis sur les marches jusqu'à ce que ton voisin rentre et fumer assis sur les marches jusqu'à ce que tu rentres et m'inquiéter quand tu es en retard et m'émerveiller quand tu es en avance et te donner des tournesols et aller à ta fête et y danser à en devenir bleu et me trouver désolé quand je suis dans mon tort et heureux quand tu me pardonnes et regarder tes photos et désirer t'avoir toujours connue et entendre ta voix dans mon oreille et sentir ta peau contre ma peau et avoir peur de tes colères quand tu te retrouves avec un œil tout rouge et l'autre bien bleu, les cheveux du côté gauche et ton visage qui prend un air oriental et te dire que tu es splendide et te serrer contre moi quand tu es anxieuse et t'étreindre quand tu as mal et te vouloir rien qu'à sentir ton odeur et te blesser quand je te touche et gémir quand je suis à tes côtés et gémir quand je ne le suis pas et bavoter sur tes seins et te recouvrir dans la nuit et avoir froid quand tu tires la couverture et chaud quand tu ne le fais pas et m'attendrir quand tu souris et fondre quand tu ris et ne pas comprendre pourquoi tu penses que je te rejette quand je ne te rejette pas et me demander comment tu peux bien penser que ça pourrait un jour arriver et me demander qui tu es mais t'accepter de toutes façons et te parler du garçon arbre et ange à la fois de la forêt enchantée qui a traversé l'océan parce qu'il t'aimait et t'écrire des poèmes et me demander pourquoi tu ne me crois pas et éprouver un sentiment si profond que je ne trouve pas les mots pour l'exprimer et avoir l'idée de t'acheter un chaton et j'en serais jaloux parce que tu t'occuperais plus de lui que de moi et te garder au lit quand tu dois t'en aller et pleurer comme un bébé quand tu finis par le faire et me débarrasser des cafards et t'acheter des cadeaux dont tu ne veux pas et que je remballe comme d'habitude et te demander en mariage pour que tu me dises non comme d'habitude et que je recommence malgré tout parce que même si tu penses que je ne le souhaite pas pour de bon c'est exactement ce que je veux depuis ma toute première demande et errer dans la ville en trouvant que sans toi elle est vide et vouloir ce que tu veux et me dire que je me perds mais tout en sachant qu'avec toi je suis en sûreté et te raconter ce que j'ai de pire et te donner ce que j'ai de mieux parce que tu ne mérites pas moins et répondre à tes questions quand j'aimerais autant pas et te dire la vérité quand je n'y tiens vraiment pas et chercher à être honnête parce que je sais que tu préfères et me dire tout est fini mais tenir encore dix petites minutes avant que tu ne me sortes de ta vie et oublier qui je suis et chercher à me rapprocher de toi parce que c'est beau d'apprendre à te connaître et ça mérite bien un effort et m'adresser à toi dans un mauvais allemand et en hébreu c'est encore pire et faire l'amour avec toi à trois heures du matin et peu importe peu importe peu importe comment mais communiquer un peu de / l'irrésistible immortel invincible inconditionnel intégralement réel pluri-émotionnel multispirituel tout-fidèle éternel amour que j'ai pour toi."

Sarah Kane, Crave.

mercredi 19 mai 2010

Les va-et-vient de l'Amour

Les va-et-vient de l'Amour, évidemment nous y voici.

   Je te suis, tu me fuis
   Je te fuis, tu me suis
   Je te suis, tu me niques

Mais non, pas ça, là on est tous au courant, et même plutôt bien rodé.
Enfin si, un peu ça quand même, surtout le "Je te suis, tu me niques".

Bref, passons.

"Les va-et-vient de l'Amour", ça sonne comme un refrain, comme, enfin un peu comme - un peu moins certes, mais un peu comme quand même - "l'insoutenable légèreté de l'être" (de Kundera pour les incultes, oh ça va, hein!); une phrase toute bien faite qui semble une évidence, voire une vérité universelle.

OK, mais c'est quoi les va-et-vient de l'Amour?
- "Bah euh, oui, euh, enfin, l'amour ça va, ça vient, c'est normal, c'est la vie quoi!"
- "Ta gueule connard!!!!"
Gna nia gna c'est la vie, gna gna nia c'est comme ça: Je n'adhère pas, j'aime pas, je bannis.


                                                       
                                                                  (c) David Shrigley

Alors, c'est quoi?

C'est ce moment où ton couple se barre en vrille totale, vous êtes installés ensemble et tentez de vivre heureux sans vivre cacher et quand bien même, cela n'y changerait rien.
Et là ça merde! Non pas ses chaussettes sales et autres conneries du genre, c'est ailleurs, une faille bien plus profonde qui vient tout déchirer et défoncer le peu de naïveté qu'il te restait.

ça y est t'as pigé?

D'accord mais comment on fait?

Maman ne m'a pas appris, et je crois qu'à elle non plus personne ne lui avait transmis ce riche enseignement dont la vie se charge assez rapidement.

1- On fait un break. oh, non pas ça!
2- On prend ses distances. C'est bizarre, mais dans 20m2 tout de suite les distances semblent super proches.
3- Tu t'en vas. Et peut-être que ça repartira et là si ça repart, c'est orgasme à répétition tous les soirs de la semaine pendant 6 mois minimum.

la 3, adjugée vendue!

Le problème.
Et oui hein, trop simple sinon et la simplicité ne sied à personne, c'est bien connu.

On a tout quitté pour l'intéressé: ses amis, sa meilleure pote, son appart, ses habitudes aimées, Paris, sa vie en faite, et cela pour aller migrer dans un bled sur une île à l'autre bout du monde.
Ca complique un peu l'embrouille, allez avoue s'te plaît!
Alors, partir, mais où?
Retout au bercail: "Douce France, jolie pays de mon enfance, lalalala", non ça s'était avant Sarko et pff t'sais là où il m'a emmené il fait 40 degrés toute l'année, on peut rouler sans casque et bourrer devant les flics avec pour seule amende possible le fait qu'il puisse t'interpeller pour te demander si il te reste pas une goutte de rhum!
Promis, c'est la vérité véridique, celle de mon quotidien ici loin de la civilisation et de la Crise.
Alors là, la France, c'est un peu flippant, en solo surtout, et en plus qu'à Paris, on a plus de pied à terre. La Province, oh non, non, non!

Tu cernes le dilemme.
Tu lui dis comment à ton amoureux presque ex-(futur) amour:
- "Je me suis arrangée sur Paris, mon pote me loge 15 jours, le temps que je trouve un appart, je passerai prendre mes affaires plus tard..... Mais non, pleure pas c'est mieux comme ça je te dis..." 
Non, là tu dois prendre tous tes clics et tes clacs, traverser l'océan, la fin de la fin, tu achèves direct toute ton histoire d'amour psychédélique, et élimine par la même occasion toutes possibilités qu'il débarque avec des fleurs et des belles paroles, ou encore qu'il vienne jouer de la mandoline sous tes fenêtres provisoires en criant ton nom, car il aurait 5000 km à faire avec pour seule liquidité des coquillages au fond des poches.


4) Filer 15 jours en voyage pour y voir plus clair.
 J'attends vos dons. Merci.

                            


Voilà, là tu cernes le problème.

Bloquée dans les va-et-vient de l'amour, tuant petit à petit le peu d'Amour qu'il reste, ou pas.

jeudi 15 avril 2010

mercredi 14 avril 2010

Schéma phallique

Un concept (ce mot est moche d'accord mais c'est comme ça), donc oui un concept celui du Va-et-vient, et encore j'ai été sympa je vous ai épargné le coup du "je vais et je viens... entre tes reins" histoire de pas  faire gerber Gainsbourg et d'éviter les clichés mégalo mal placés.


                                                         



Un blog nommé Va-et-Vient, explications diffuses de ses sens multiples pour en arriver à son sens le plus général dans nos esprits tant bien que mal orientés vers nos organes génitaux.

Blog phallique. uh!

Sans blague. Ne nions pas avec amertume nos orientations et intérêts les plus développés: le sexe
(ce mot est moche aussi mais c'est comme ça on t'a dit).

                                               

                                                     


Nous voilà donc armées d'une bite et d'un couteau.
Tous ce qu'il manquait à la gente féminine du temps des cowboys! 
On veut bien jouer les pucelles écervelées (surtout pour arriver à nos fins avec un Don Juan super macho voire mysogine, enfin surtout en période de crise inter-sensorielle: le célibat quoi! Le célibat au moment de non retour... le célibat au moment où on n'en veut pas).
On en finit vite avec ce petit jeu là. 
- Oh coco "Sois belle et tais toi" c'est un mythe dans mon monde aux merveilles urbaines.


                            


Tout ça pour dire que mon exutoire est ici.
Qu'il y aura du sexe, du sentiment et autres futilités phalliques (ou non).
Le sexe est partout. J'en suis.

mardi 30 mars 2010

Ma vieille rengaine



On l'attend toutes cette rencontre, même un petit peu, au fond, dans un recoin, bien cachée derrière une jolie carapace de papier: ON L'ATTEND TOUTES!
La Rencontre Amoureuse enivrante à un point tel qu'elle en devient improbable (voire inespérée).
Après de longues heures de questionnement, quelques mois volages et maintes tentatives ratées: ON Y EST!
La rencontre.
1er RDV, 1ers emois: "Oh mais oui il rappelle, rappelle et rappelle encore, et même qu'il textote". 
Tout ça le palpitant à 3000, des étoiles dans les iris.
Ca y est on décolle, on y est, A-M-O-U-R-E-U-S-E et en toute réciprocité.
Génial?
Oui, évidemment ça l'est.




Et puis, AH!

1 an de " Je t'aime"
             " On est trop bien, au top"
             " You're the one, the best........"
Blabla de vérité intemporelle mais pas éternelle.
(Ce mot ne devrait pas être dans le Petit Robert, un dico philosophique y suffirait.)

2 ans: Projet, ça gueule déjà pas mal pourtant: " C'est normal" dixit les vieux de la vieille, jusqu'au jour où on attend plus rien.

ALLEZ SURPREND-MOI, FAIS MOI RÊVER CHERI! POR FAVOR! 
(ça gueule pas mal à l'intérieur aussi).

On nous répond: " Ca te dit qu'on mate un film?"
REPETE CETTE PHRASE ENCORE UNE FOIS ET JE TE PLANTE!

On en était sûre pourtant. ("avec lui je m'ennuierais jamais"). 
"Jamais" est lui aussi à bannir du Petit Robert.

Et si le schéma électrique était meilleur ailleurs, ben oui B c'est aussi potentiellement tous les autres.
Un peu de va-et-vient avec un autre.
Peu importe.
Avec un autre ou seule mais LIBEREE de nos illusions, puis à espérer une autre potentielle rencontre subliminale...

MA VIEILLE RENGAINE

et peut-être qu'au fond c'est pas tout à fait mort?!
Non petite, l'amour ça meurt.

           

vendredi 5 mars 2010

La fille du trottoir d'en face



Elle s'est oubliée sur la grande allée.
Cette fille là n'est pas.
Elle va et vient, devine, revient.
Là où seuls les vagabonds sont acceptés.

Les va-et-vient sont interrompus
On se dit oui, on se dit non, et oui et non,
puis seulement non.

Les vagabondages repartent de plus belles.

Un non tardif presque inaudible.
Un oui, non réfléchi étouffé dans le vacarme qu'elle propage.
Son vacarme silencieux.

Quelquefois elle peut le palper.
Pression au fond de la gorge, le cri monte
Le silence pesant.
Le soulagement lui non plus n'est pas.

Personne ne lui a indiqué l'adresse de l'Ecole de l'Extériorisation
Personne non plus ne lui a montrer comment s'en aller.
Pensées tiraillées.
Elle n'est pas une nomade du sentiment
Les hommes bleus non plus,
mais eux savent quitter ce que leurs yeux aiment tant regarder.

Les petites voies du tapages sont arrivées.
Brouhaha assourdissant.
Peur sans sursaut, latente.
Actes et scènes inattendues de charognards aveuglés.
Immobilisme et passivité environnantes.
Je reste moi même figée, incapable, faible.

J'admire avec dégoût leur passivité alors même que je suis eux.

MILLOU 2009
écriture automatique

Francesca Woodman

Schéma électrique

Le schéma électrique du va-et-vient


Légende:
A: Femme (moi donc)
B: Homme (lui et potentiellement tous les autres)
Générateur: Taux d'endorphines
Ampoule: La relation


L'amour c'est chimique mais surtout ELECTRIQUE
A bon entendeur.